Jean-Claude Renard

<p>Jean-Claude Renard</p>

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Entretien avec Marie-Claire Bancquart (extrait)

extrait

Grâce au langage à la fois oral et écrit, unique et en même temps potentiellement universel qui incarne et exprime ces fonctions, la parole poétique fait de celles-ci des signes transmissibles et partageables.

Mais ce langage ne rend pas réellement présent ce qu’il dit. Il n’en peut proposer qu’une virtualité néanmoins efficace par l’émotion qu’elle produit -laquelle entraîne une première métamorphose intérieure. Tout se passe cependant comme si l’on voyait les choses encore inconnues, et même la face cachée des choses familières, se révéler à travers une vitre transparente mais incassable, qui empêche de les toucher et de les posséder dans leur pleine réalité.

En somme, que ces choses soient vraies ou imaginaires, le poème ne donne de leur existence (par les mots, dans les mots ou au dehors des mots qui les nomment) qu’un reflet opérant plus ou moins sur l’esprit d’autrui.

Le langage comme virtualité du réel présent ou passé... Oui, mais par les mots, n’y a t-il pas une autre réalité qui se crée ? Tu évoques un souvenir d’enfance, par exemple. Cela ne va pas faire surgir de nouveau les choses du passé. Mais tu as vécu entre-temps, et ton souvenir est passé par le filtre de tout ce que tu as vu et senti. Il en est enrichi, transformé. Si bien que le « réel » du passé , s’il surgissait, ne correspondrait pas non plus à ce que tu dis.

C’est vrai. La poésie possède un dynamisme interne et actif, que j’ai trop négligé de faire sentir dans ces lignes. En fait, si le poème d’un côté est en manque, d’un autre côté il crée un ajout. L’imagination, cette « reine des facultés », est productrice d’un mixte dont la présence est indiscutable .


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