Gérard Engelbach.

<p>Gérard Engelbach.</p>

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NU(e) 23 — Gérard Engelbach.

Entretien avec Daniel Leuwers (extrait)

extrait

<EM>Daniel Leuwers : Il est toujours fascinant d’assister à la naissance d’une œuvre poétique. Comment cela s’est-il passé et comment cela se passe-t-il toujours pour vous ? EM>

Gérard Engelbach : Quelles circonstances, pour moi du moins, entourent la naissance du poème ? A vrai dire, n’importe lesquelles ; il n’est pas de lieux ni de moments privilégiés. Ce qui annonce le poème ? Une sourde, lente germination, maturation, des remuements. Puis jaillit une image, parfois un vers entier, qui bien souvent ne sera pas retouché. Là véritablement commence le travail : sur les mots, sur le rythme, l’agencement, la musicalité - qui parfois guide le sens. Je conserve assez vif le souvenir de mes rêves, mais je ne leur emprunte pas la matière d’un poème, dont l’élaboration doit toujours être « gouvernée ». De ce point de vue je me sens proche des classiques - le dix-septième siècle français reste pour moi une référence forte - et si j’admire André Breton, je n’ai guère attaché d’importance à l’écriture automatique. Ce qui compte, c’est un travail incessant, acharné, sur ce qui constitue notre langue. Manions l’inconscient, du mieux qu’il nous sera possible, mais ne nous laissons pas éblouir : lui-même y perdrait sa force et sa richesse, dont nous sommes tout à la fois les garants et les héritiers.


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