Mahmoud Darwich

<p>Mahmoud Darwich</p>

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NU(e) 20 — Mahmoud Darwich

Entretien avec Gilles Ladkany (extrait)

extrait

Je suis très honoré d’être aux côtés de Michel Deguy, du Professeur Arkoun, d’autres poètes, de professeurs et d’élèves normaliens. La poésie est une affaire trop sérieuse pour que les poètes se mêlent d’en parler, surtout lorsqu’il s’agit de leur propre poésie. Les poètes ne sont pas ceux qui expliquent le mieux. Ils écrivent parfois pour s’expliquer à eux-mêmes mais sont incapables de pénétrer cette dialectique obscure appelée poésie. Je dois vous exposer quelles sont les différentes étapes de mon expérience de poète, de mon itinéraire poétique.
La première étape poétique était celle que j’ai connue dans mon pays. Le lieu où j’ai vécu et l’histoire de mon pays ont été confrontés à des changements brutaux. Ma poésie a été déterminée par cet espace et par cette histoire. Mais tout cela a été rompu. Ainsi lorsque j’essayais, au début, de raconter mon histoire, quand j’ai essayé de raconter ma propre vie, ma voix singulière ne disait pas ma vie en tant qu’elle disait le roman d’une collectivité, l’histoire des gens qui ont connu les mêmes conditions historiques. Au fond quand je parle de mon enfance, je parle d’une enfance collective qui a été interrompue. Ainsi, très tôt, une voix singulière s’est croisée avec une voix collective. Oui, il est parfois difficile de séparer de manière nette ce qui appartient à un, la voix personnelle, et ce qui relève de la voix collective. Cela a donné lieu à des lectures politiques directes de mon texte littéraire.


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