Philippe Raymond-Thimonga et Philippe Renonçay

<p>Philippe Raymond-Thimonga et Philippe Renonçay</p>

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NU(e) 16 — Philippe Raymond-Thimonga et Philippe Renonçay

Lakis Proguidis, Philippe Renonçay, Ph. Raymond-Thimonga (extrait)

extrait

Philippe Raymond-Thimonga : En raison de nos références et horizons littéraires différents, il nous a semblé intéressant d’entamer un dialogue autour de nos approches respectives du roman et de l’écriture. De par tes activités d’essayiste et de directeur de revue, Lakis, pourrais-tu d’entrée nous préciser ce qui établit, selon toi, le propre du roman ?

Lakis Proguidis : Ce ne sera pas, bien sûr, une réponse définitive, car je suis depuis une quinzaine d’années à la recherche de ce que j’appellerais le noyau ontologique de l’art du roman. J’espère y parvenir avec un essai en cours sur Rabelais qui constituera le quatrième volet d’une tétralogie que l’on pourrait qualifier « d’introduction au romanesque ». D’autre part, grâce à la revue L’atelier du roman, j’ai la chance d’avoir un contact vivant et continu avec les romanciers, et, au moins pour certains, de suivre leur travail de près. Pas seulement comme critique. Mais surtout comme quelqu’un qui a installé son propre laboratoire à l’intérieur de L’Atelier, et qui observe. J’essaie donc de comprendre leurs préoccupations et de poursuivre ma quête du romanesque - le romanesque étudié comme catégorie esthétique à part entière, du même ordre que l’épique, le tragique, ou le lyrique. Et si actuellement je me consacre à Rabelais, c’est parce que je le considère comme le fondateur de l’art du roman, art dont la naissance a duré deux siècles : du XIVe siècle italien au XVIe siècle français.
Une précision : je parle de l’art du roman et non du « genre » romanesque. Pourquoi ? Si on qualifie le roman comme genre, nous sommes dans la « littérature », c’est-à-dire dans un paradigme analytique et pédagogique qui tient de la poétique d’Aristote. Un paradigme, avec sa terminologie et ses outils de réflexion, alors que je cherche pour le roman une catégorisation nouvelle qui, l’arrachant au genre, permettra d’établir ses propres lois esthétiques, sa propre histoire et son autonomie - comme c’est déjà le cas pour la peinture, la musique, le cinéma...
Ainsi, il faudrait aller jusqu’à envisager de créer une « poétique » romanesque, telle qu’elle nous permettrait de penser, par exemple, les spécificités du personnage et du rire romanesques.
Concernant ce dernier, je pense notamment à Rabelais qui a doté notre imaginaire littéraire d’un rire


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