Marie-Claire Bancquart

<p>Marie-Claire Bancquart</p>

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NU(e) 14 — Marie-Claire Bancquart

Entretien avec Richard Rognet (extrait)

extrait

Le corps, Marie-Claire, le corps encore dans cette suite de trente et un poèmes, intitulée Corps talisman, le corps nommé, repéré, révélé, prolongé dans le mouvement tournoyant et vivant des mots : « le corps d’il y a dix ans, passé tout au dehors/ s’il était possible de l’étreindre/ serait-ce pour baiser/ ou pour tuerie ? ». Et cette fois-ci, le corps associé au talisman, à quelque chose de magique, de souverain, de merveilleux.
On a l’impression qu’à force d’en prendre mesure, de l’écouter, tu en as transformé, transmué l’évidence, la réalité, en un je ne sais quoi de sacré.
Ainsi, comment en es-tu venue à cette autre et haute perception qui rendrait à la vie sa part insaisissable, son mystère ? Est-ce l’aboutissement ébloui d’une quête constante, toujours frémissante, ou l’étape obligée d’un cheminement exigeant qui te conduirait aux limites espérées d’une impossible connaissance ?
Ne pourrait-on pas dire qu’en filigrane, tu cherches à cerner l’être, sans vouloir le définir, à presser le verbe être de se livrer enfin sans qu’il en soit pour autant trahi par des questions trop pressantes et précises ?

« Presser le verbe être de se livrer » ?.. Être... Le verbe attire et fait peur. C’est vrai, la poésie interroge « être », avec ou sans majuscule. « Être » qualifie, avec l’importance et le mystère d’un point aveugle. Comme bien d’autres, je pense que des questions « pressantes et précises » posées à lui seraient vaines : ma seule certitude est de ne pas pouvoir compter qu’« être » puisse donner réponse, autrement que par l’ouverture d’une multitude de possibles et par une vocation pour la mort.


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