Alain Freixe et Jean-Marie Barnaud

<p>Alain Freixe et Jean-Marie Barnaud</p>

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NU(e) 12 — Alain Freixe et Jean-Marie Barnaud

Entretien avec Raphaël Monticelli (extrait)

extrait

<EM>RM - Ce qui m’a beaucoup frappé dans votre relation, dès que je en ai connu l’origine, c’est ce que vous m’avez dit concernant vos lectures communes. Vous avez eu, pendant des années, vous avez encore, un travail commun de lecture qui vous constitue un fond de références, et qui dessine en même temps les territoires littéraires dans lesquels vous voulez vous inscrire. Vous couvrez un sacré secteur à vous deux ! J’aimerais en savoir plus là-dessus : sur vos lectures, sur votre façon de lire à deux, et sur ce que vous visez... Ce sera ma première question. EM>

<STRONG>Lectures à deux voix STRONG>

JMB - Pour répondre à ta question, le moment où le travail a commencé, c’est dans les années 80 à peu près, même si nous nous sommes rencontrés bien avant. Qu’est-ce qui a fait qu’on a choisi de travailler un vendredi par mois - On appelle ça « les vendredis » - je ne sais plus. Je me souviens que les premiers, qui, à l’époque, étaient alternativement ici et à Nice, portaient sur Bonnefoy, Bousquet et Proust.<BR>AF - Nous avions des objectifs de lecture et de travail.<BR><EM>RM - De lecture commentée ?EM><BR>JMB - Oui, une manière bien à nous de soumettre les textes à nos deux regards. On les lisait avant de se rencontrer. On rédigeait des notes, des courriers... A l’époque il n’y avait pas autre chose que la poste (rires) et donc on s’écrivait beaucoup. On a une littérature des « vendredis » qui est considérable. <BR>AF - La rencontre était préparée par de longs échanges épistolaires, et, le jour de la lecture, tout ça était repris. Les vendredis commençaient vers 21h et se terminaient très tard au milieu de la nuit. Avec beaucoup de fumée et un peu d’alcool. Parfois sortaient de ces nuits des textes élaborés ensemble, des précipités.<BR><EM>RM - Des rapports critiques ? Des commentaires ?EM><BR>JMB - Il y avait deux types de textes qui sortaient de là...qui en sortent encore du reste.<BR>AF - Notons que les conditions de l’échange se sont modifiées. On boit moins...et on ne fume plus ! (Rires)<BR>JMB - Soit les « pensées méditantes », soit les « incontournables ».<BR>La « pensée méditante », c’est ce que l’un des deux propose à l’autre comme méditation soit sur le vendredi qui a eu lieu, soit sur le texte qu’on est en train de lire.<BR>AF - L’incontournable, lui, a comme une espèce de valeur éthique.<BR><EM>RM - Tu parlais de « précipité ».EM><BR>AF - Oui, moi le terme de précipité, ça me plait bien, parce que, à un moment donné, vient une demi-page, une page, écrite en commun. C’est ce que j’appelle un précipité. Une retombée. Ces pages ont d’ailleurs une stylistique spécifique et illisible pour d’autres que pour nous. Nous reconnaissons volontiers sa lourdeur !


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